
LA FAIM D'UN MONDE, Saint-Pierre, La Réunion 11/09/2009
Parfois, je fais un rêve. je suis dans l’obscurité d’une immense pièce, au sol transparent et vitré. A l’autre bout de cette pièce, j’entends chuchoter. Un groupe d’hommes et de femmes se sont agglutinés devant un cube de verre illuminé. Une personne penche la tête comme si elle cherchait un sens à l’objet représenté. D’où je suis, je n’aperçois rien. je pense à la Joconde qu’on aurait emprisonnée pour mieux la protéger du temps. Je m’approche de l’homme, me hisse sur la pointe des pieds pour passer ma tête au-dessus de son épaule, et là,...
je me réveille encore une fois.
En réalité, j’ai toujours pensé que la Joconde n’avait rien à faire ici. Par contre, plusieurs fois, j’ai imaginé un caddie chromé et brillant derrière la vitre. Un caddie à qui il aurait manqué une roue. Son aspect bancal, lui aurait donné ainsi, une allure de pièce archéologique, une oeuvre inventée du passé, par les hommes d'une société ancienne. Mais je n'ai jamais vu ce caddie, pour dire vrai... même pas en rêve!
Cette photo,LA FAIM D'UN MONDE, me fait penser à ce rêve. En prenant cette photo, je me suis allongé pour donner de la hauteur, de la grandeur aux sujets. Montrer toute l'importance qu'on peut accorder encore maintenant à ces deux objets cultes de notre société. La voiture et le caddie, reflet d'une société en quête de mouvement et d'un besoin de se remplir. Les voici plongés à présent dans un lieu de désolation, au milieu d'un bric à braque de terre et de ferraille. On pense à un film de science fiction, Mad Max, comme si ce présent qui ressemble au passé devenait un futur annoncé.